Carsico : l'information corse, en mieux.

Carsico, l'information corse. En mieux.
©1769

jeudi 17 juillet 2014

Politique : fusion de l'UMP et du PRG

Mercredi, lors d'une conférence de presse nocturne dans le Boziu, les sections locales de l'UMP et du PRG ont décidé d'annoncer leur fusion pour ne former désormais qu'un seul mouvement: l'UMPRG - RépubliCorse. Un rapprochement surprenant mais compréhensible au regard des convergences idéologiques de ces deux mouvements. 

C'est la première grande nouvelle de la campagne pour les élections territoriales de 2015. Mercredi soir, 23h : le rendez-vous était donné aux journalistes dans un petit champ à une demi heure de marche de la route sur la commune de Tralonca. Plus de six-cents militants des deux tendances s'étaient donné rendez-vous pour annoncer la grande nouvelle : il y aura désormais un seul grandi parti républicain en Corse, l'UMPRG - RépubliCorse. Autrefois adversaires, l'UMP et le Parti Radical de Gauche sont maintenant plus que partenaires : ils marcheront main dans la main sous une seule et même bannière.

A la table, Alex Alessandrini et Marcel Francisci ont pris la parole tour à tour pour représenter leurs tendances respectives. Le premier a déclaré que cette décision a été prise "d'un commun accord avec tous nos militants pour faire barrage aux fascistes nationalistes qui sont, dans leur majorité, des italiens", dans un "souci d'apaisement et d'union des forces républicaines autour de grands thèmes qui nous sont chers". Le second a dit vouloir remercier "ses partenaires de toujours qui ont enfin réussi à mettre leurs maigres divergences de côté pour s'unir dans un grand courant virgule qui sera très puissant aux prochaines territoriales point"
Avec le dépot des armes du FLNC et l'élaboration de projets irrédentistes comme le PADDUC, les dirigeants de ces mouvements craignaient un net regain de popularité pour les thèses autonomistes et indépendantistes. Pour contrecarrer cette inévitable montée des extrêmes, ils n'ont eu d'autre choix que de se regrouper pour "faire parler la Corse française et républicaine d'une seule voix".

Développer le tourisme et la spéculation immobilière

Les grands axes de ce nouveau parti seront les suivants : attachement indéfectible à la République française, lutte contre la langue corse, lutte contre la corsisation des emplois, priorité aux continentaux sur le marché du travail et de l'attribution de logements, positionnement contre l'évolution institutionnelle et l'autonomie, transfert de toutes les compétences de la CTC au Conseil Régional des Bouches-du-Rhône, promotion de la spéculation foncière, et désignation de l'ultra-tourisme comme unique levier de développement économique.

 En outre, l'UMPRG - RépubliCorse a décidé de rassurer ses électeurs: "à tous nos amis qui ont bénéficié de la générosité de l'un ou l'autre de nos partis en période électorale, nous tenons à leur dire que leurs emplois et leurs avantages ne sont pas menacés par ce changement de cap. A tous ceux qui cherchent une place dans une administration ou du matériel électroménager, ils seront satisfaits quelques semaines avant les territoriales par le biais des réseaux traditionnels : de ce côté rien ne change."

Le Parti Communiste Français section Corse a salué cette union et a déclaré réfléchir à une adhésion à ce grand parti transversal "qui règlerait enfn le problème du régionalisme". De son côté, Paul Giacobbi a déclaré qu'il prenait cette décision comme une offense personnelle. Il a ajouté qu'il était prêt à régler les comptes "à l'usu corsu".
Des représentants d'autres tendances ont, eux, célébré dans la joie ce mariage, notamment Jean-Pierre Battestini pour la CGT et Serge Santunione pour le MEDEF. Le prochain pas de la grande famille républicaine en Corse devrait d'ailleurs être franchi avec la fusion de ces deux organisations le mois prochain, lors d'une grande réunion publique à Migliacciaru.


mardi 15 juillet 2014

Ali Boumnijel vers le Sporting Club de Bastia

C'est peut-être le gros coup du mercato des bleus, celui que tout le monde attendait. Ali Boumnijel, ancien gardien du Sporting et héros de la Coupe de France 2002, pourrait revenir garder les buts bastiais la saison prochaine. Il est sur le point de signer un contrat de 2 ans + 2 ans en cas de maintien.




Ali, c'est une carrure imposante, le regard perçant et des réflexes de Lynx. Sans club depuis sept petites saisons durant lesquelles il a continué le sport à raison de deux à trois footings chaque mois, Ali est toujours affuté. "Il suffit qu'il perde une quinzaine de kilos et il sera à son poids de forme pour la reprise", nous confie l'entraîneur adjoint bastiais, Didier Tholot. Claude Makélélé quant à lui reste injoignable. Il serait depuis deux semaines à Mayotte pour raisons familiales.

Le hasard qui fait bien les choses

C'est par hasard que sa route a croisé à nouveau celle du Sporting. Lorsque son avion Brest - Tunis a été dérouté sur le tarmac de Figari pour cause de mauvais temps, il s'arrête prendre un café dans un bar voisin. Et c'est là qu'il croise la cousine germaine de la femme d'un des dirigeants, qui lui annonce que le club au lion est à la recherche d'un gardien de bu. Deux coups de fils plus tard, l'affaire était réglée. Ali revient pour 2 ans à Bastia, plus deux années de bonus en cas de maintien.

C'est donc le retour au pays de l'enfant prodige. Pas de doute, avec un tel gardien, la défense "turchina" risque d'être rassurée. L'expérience sera là : Ali Boumnijel n'en manque pas, du haut de ses 48 printenmps. Et les supporters seront ravis de revoir sous leurs couleurs l'un de ceux qui a construit la gloire du SCB des années 2000.


lundi 14 juillet 2014

Affaire Whisky le chien : un an après, une plaie toujours ouverte

Bientôt un an après cette affaire qui avait secoué Ajaccio et la Corse entière, la société s'organise pour les commémorations. Statue de Whisky sur la place du Diamant, fresques, voiles géantes, rues baptisées à son nom, procession devant rassembler 40 000 personnes, rien n'est laissé au hasard. 

Un magnifique montage réalisé par les enfants du collège Saint-Paul

"On ne le connaissait pas, tout au plus l'avions nous croisé quelques fois. Mais c'est notre devoir de citoyen!" s'exclame Martine, ajaccienne de 42 ans, mère de trois enfants. Elle fait partie de l'atelier peinture qui prépare des fresques géantes sur les murs de la cité impériale à la gloire de Whisky, le chien martyr des Salines, décédé dans d'atroces souffrances l'an dernier, écrasé par une voiture.
Sur le stade Binda, dans un quartier populaire entre les Cannes et la Rocade, une grande voile est en train d'être réalisée. Elle représente Whisky marchant sur la Corse d'un pas décidé, écrasant des centaines de personnes habillées en djellaba. S'agissant d'art abstrait, il est très difficile de saisir le véritable message, mais l'hommage est bien là, et l'émotion est palpable. Sylvie et Géraldine, habitantes du quartier, s'activent : "Il faut qu'on soit prêtes pour le jour J. On sait que Whisky nous regarde d'en haut, et il faut qu'il soit fier de nous" . Le Jour J, c'est le 31 juillet. Ce fameux jour où Whisky le chien martyr a subi sa lente agonie. C'est ce soir là qu'une procession aux flambeaux sera menée du quartier des Salines jusqu'aux îles Sanguinaires, conduite par Simon Renucci, nouvel évêque de la ville d'Ajaccio. On y attend jusqu'à 50 000 personnes.
Laurent Marcangeli, récemment élu maire d'Ajaccio, a décidé d'aller encore plus loin : "Bénéficiant de bons contacts avec le diocèse, j'ai décidé de rendre le jour du 31 juillet férié pour la ville, et de le rebaptiser a santu Whisky. C'est la moindre des choses". 

Football : reprise du championnat sous le signe du deuil

Whisky n'était pas qu'un chien ajaccien, il était aussi supporter de football, et plus particulièrement de l'ACA. Le groupe de supporters Orsi Ribelli a décidé de préparer un tifo géant en tribune Faedda représentant Whisky le Chien avec un maillot de l'ACA. Jean-Stéphane Giovannangeli, leur président, nous confirme l'importance qu'avait Whisky pour le groupe "c'était plus qu'un chien, c'était un ami. Un an après nous sommes toujours en deuil, et nous ferons tout pour faire respecter sa mémoire. Gare à celui qui salira le souvenir de Whisky chì semi ross'è bianchi tutti "
Côté GFCA, on a promis de ne pas tenter le diable (sic) lors du derby qui opposera leur club au voisin acéiste le 15 août. René Filippi, le président du groupe Compañeros, nous confie "Oui, il y a une rivalité. Oui, Whisky supportait l'ACA. Mais s'il y a bien un sujet que nous n'aborderons pas en tribune c'est celui-ci, surtout 15 jours après la date anniversaire de sa mort. C'est trop sensible. Whisky avait aussi des amis au Gaz, et puis nous sommes ajacciens avant tout."
C'est donc tout naturellement que les deux groupes de supporters ont décidé de préparer une marche commune la veille du derby, et d'inaugurer une superbe statue de Whisky sur la place du diamant, de 15 mètres de haut, peinte en rouge et blanc avec un drapeau bleu et rouge à la main, avec l'inscription "Semi tutti aiaccini, semi tutti fiddoli di Whisky".
Tout Ajaccio semble mobilisé pour cette respectable cause. Cette unité et ce profond respect envers un drame de cette ampleur sont particulièrement agréables en ces temps difficiles, où la violence est reine et où la Corse est en proie au doute.

dimanche 13 juillet 2014

Terrorisme : vers l'interdiction des sites en langue corse

Un nouveau pas sera bientôt franchi dans la lutte contre le terrorisme. Les cas de corsophonie se multipliant de manière inquiétante chez les jeunes, Bernard Cazeneuve, le ministre de l'intérieur, a décidé de prendre à bras le corps le problème en demandant l'interdiction pure et simple des sites internet en langue corse, qui seraient des réseaux de recrutement à l'ampleur insoupçonnée. Ils représentent aujourd'hui l'une des plus importantes menaces pour l'intégrité de la République. 





Anthony, 17 ans, est issu d'une famille bastiaise de classe moyenne. Gérard et Christiane, ses parents, sont employés de mairie. Ils l'ont éduqué dans le respect des lois et en adéquation avec les valeurs républicaines. Bien que corsophones de naissance, ils ont tout fait pour que leur fils n'hérite pas de ce handicap et puisse vivre correctement, comme tous ses compatriotes. C'était l'intégration à l'ensemble national qui primait, avant tout, dans cette famille. Pourtant, Anthony a sombré, petit à petit. Accro à internet, il a commencé vers l'âge de 14 ans à suivre assidûment les sites en langue corse. Tout a commencé avec des articles humoristiques. Gérard l'entendait au début s'esclaffer seul dans sa chambre. Ce fut ensuite l'inscription sur les forums dédiés à la langue, où des recruteurs agissent dans l'ombre, dispensant leur putride propagande auprès des plus jeunes, en les attirant avec des sujets qui font mouche. Petit à petit, le jeune homme s'est mis à essayer de lire à haute voix des phrases en langue corse. Un soir, son père l'a entendu. C'est là qu'il a compris que quelque chose était en train de se passer. "J'ai vu mon fils tomber lentement dans cette immonde spirale. Ca a commencé par des faits anodins. Il me demandait de lui passer le pain ou le sel en corse. Je ne lui répondais pas, évidemment. Il se laissait pousser la barbe. Il me posait des questions sur l'époque où le corse était encore courant dans la vie de tous les jours. Je me disais que c'était une crise d'adolescence comme une autre, que ça allait lui passer. J'ai averti Christiane immédiatement, mais il était trop tard. Pourtant, on a tout fait pour le préserver de ce milieu, mais parfois, les parents ont des failles. Nous n'avons pas pris consciences des nôtres à temps". 
Trop tard, en effet. Le jeune homme, sans rien laisser transparaître, avait intégré d'obscurs groupes de chants polyphoniques et s'était inscrit à des cours de langue dispensés dans des caves de la vieille ville par des professeurs intégristes. Le milieu de la corsophonie avait fait main basse sur lui, pour ne plus jamais le relâcher. Il est aujourd'hui complètement bilingue, fréquente ceux qu'on appelle les "ayatollahs de la langue", et parle corse tous les jours, au mépris des valeurs de la République, et au grand dam de son entourage. Ses parents ont quitté leur emploi et sont actuellement suivis par des psychologues. 

L'influence néfaste de sites aux apparences trompeuses

Le ministre de l'intérieur a mis du temps à se rendre compte de la gravité de la chose. Aujourd'hui il s'inquiète du phénomène. "Il faut que nous soyons vigilants. Ces gens recrutent sur internet et sont capables en quelques mois d'envoyer des jeunes désoeuvrés faire du prosélytisme pour la langue corse. Il faut faire très attention.". Alors, quelles sont les solutions ? "Nous allons tout d'abord essayer de remonter les filières et de faire tomber les têtes pensantes. Nous estimons qu'ils ne sont qu'une dizaine actuellement à avoir les clés de ce système. S'il faut passer par l'élimination physique, nous le ferons." Ces sites de recrutement se présentent comme des sites normaux. A part la langue, rien ne laisse transparaître les vils desseins des webmasters. Football, actualité, humour, tous les sujets sont abordés. La légèreté est de mise pour attirer le public le plus large. De petites vidéos sont produites, des chansons sont partagées. Les rouages de cette mécanique sont bien huilés et particulièrement pernicieux. C'est donc une interdiction totale de ce genre de site qui a été prononcée par décret la semaine dernière. Ne pouvant être sur tous les fronts, Bernard Cazeneuve a décidé de mettre en suspens la lutte contre les jeunes français enrôlés dans le Djihad syrien. "Il y a des priorités. Si on n'enraye pas ce phénomène immédiatement, on ne sait pas jusqu'où il peut aller. Le reste passe aussitôt au second plan : il en va de la sécurité nationale". De nombreux continentaux habitant en Corse sont rassurés. Lilian, rhôdanien installé à Porto-Pollo, dans le sud de la Corse, nous confie "J'ai eu vraiment peur pour mes enfants. Je ne veux pas imaginer qu'ils puissent un jour rentrer à la maison et parler corse". Même si, aux dires du ministère, cela ne concernerait que très peu d'adolescents en majorité très fragiles, la menace est bien réelle. Pour ceux qui ont déjà sombré, des camps de rééducation sont en projet. Les parrains de ces camps, Keen'v et Matt Pokora, ont décidé de prendre de leur temps et de leur image pour aider la cause. En attendant, c'est à chacun de surveiller les plus jeunes et de dénoncer immédiatement aux autorités les comportements suspects. Des formulaires de délation pré-remplis sont disponibles dans toutes les gendarmeries de l'île pour faciliter le travail des honnêtes citoyens. Avec le temps, et seulement avec la collaboraion de tous, la République réussira peut-être à éradiquer le mal. 

samedi 12 juillet 2014

La Corse, meilleure académie de France au bac : "C'est forcément une erreur"

L'académie de Corse aurait obtenu de meilleurs résultats que toutes les autres régions au Baccalauréat. Incrédules, les services du ministère de l'éducation ont tout tenté pour expliquer cet improbale phénomène. Erreur de calcul ou falsification des résultats, toutes les hypothèses sont étudiées. 


Le ministre de l'éducation est embarassé par la nouvelle.


"Ce n'est pas possible!" s'exclame Benoît Hamon, le ministre de l'éducation, devant les caméras. "Nous allons tout faire pour savoir ce qui a pu conduire nos services à une telle erreur de calcul. Chacun sait que les Corses ne peuvent pas avoir de meilleurs résultats que les continentaux au baccalauréat, c'est un non sens". Lors de la conférence de presse à l'Hôtel de Rochechouart pour annoncer le classement des régions de France au baccalauréat, les visages étaient crispés. Les journalistes n'en revenaient pas. La stagiaire de Libération s'est même évanouie lorsqu'est tombée la nouvelle. 
A Paris, cela faisait déjà quelques jours que la rumeur faisait le tour des milieux autorisés : la Corse serait première, devant toutes les autres régions, aux résultats du baccalauréat avec 95% de réussite à l'examen. Très vite, les personnes sensées ont essayé d'enrayer le bruit qui devenait de plus en plus insistant. Et puis, ce fut la parution officielle. Après la stupeur et l'interrogation, vient désormais le temps des explications.

"La magouille est dans leur sang"

"Il s'agit certainement d'un bug informatique. Cela arrive souvent, il ne faut pas dramatiser. Nous trouverons le responsable et prendrons les mesures nécessaires à son éviction définitive des services de l'Etat", précise le ministre. Sa conseilère la plus proche nous confiait, hors d'elle, que "de toute façon, si ce n'est pas une erreur de calcul, c'est une falsification des résultats. Ils se notent entre eux, ils notent très large, pour avoir les meilleurs résultats. On les connait ces gens là. La magouille est dans leur sang, ce ne serait une surprise pour personne". En effet, s'il est communément admis que le Corse est plutôt ignorant, il semble particulièrement habile pour contourner les lois et les règlements à son profit. Quoi qu'il en soit, le doute plane encore au ministère. Le parquet s'est saisi de l'affaire et la SDAT procédera ces prochains jours à des vagues d'interpellation dans les milieux du professorat insulaire. Selon une source proche du dossier, la piste des professeurs de langue corse est sérieusement étudiée. Affaire à suivre. 

vendredi 11 juillet 2014

Grève SNCM : la Thaïlande au bord de la crise

C'est ce qu'on appelle l'effet papillon. Quand l'action de quelques grévistes CGT à Marseille paralyse le monde entier, jusqu'aux confins de l'Asie. Les Thaïlandais risquent de ne plus pouvoir recevoir leur clientèle préférée cet hiver. C'est la stupeur à Patong.



On prie, en Thaïlande, pour que la saison touristique en Corse soit bonne.


Les rues de Phuket sont désertes. Dans les quelques commerces ouverts, les mines sont déconfites. Apsara, un vendeur de scorpions grillés, accepte de nous recevoir. Il est au bord des larmes. "Quand on a appris la nouvelle, ma femme voulait partir. Elle voulait qu'on s'en aille, loin, prier dans les montagnes". Les cris émanent de chaque coin de rue, tels des appels au secours. La télé locale diffuse en boucle des images de semi-remorques de brugnons déversés devant la préfecture de Bastia, à des milliers de kilomètres de là. La tension a traversé les mers. La fameuse nouvelle dont nous parle Apsara, c'est la grève SNCM à Marseille. Ce conflit syndical qui a paralysé la Corse pendant 17 jours risque bien d'avoir de graves conséquences sur l'économie Thaïlandaise. Comment cela est-il possible ?

Un pays au bord de la guerre civile

Nous nous sommes rendus au palais du premier ministre pour en savoir plus. Prayut Chan-Ocha nous a immédiatement fait part de son inquiétude: "La grève SNCM va faire perdre beaucoup de monnaie aux patrons de Corse. Du moins, c'est ce qu'ils disent partout. (...) L'économie thaïlandaise repose à 80% sur le tourisme venant de Corse. Notre activité de janvier à mai est de servir, essentiellement, les petits patrons et les nouveaux riches de l'île de beauté. Si ces derniers perdent de l'argent, nous en perdrons aussi, c'est indéniable. Nous ne savons pas comment réagir, comment rassurer la population. Une guerre civile n'est pas à exclure".

Une réaction en cascade qui risquerait bien de créer un climat de tension sans précédent dans l'ancien Royaume de Siam. Les images des patrons corses pleurant dans leurs 4x4 sur les ports de l'île ont fait le tour de la Thaïlande. La grève était suivie heure par heure à la télévision nationale. Les marins CGT de Marseille auraient même reçu des lettres de menace venant de l'autre bout du globe. La diaspora thaïlandaise très présente dans le sud de la France a tenté des intimidations physiques. Les asiatiques n'ont pas envie de laisser filer le meilleur des gagne-pain sous leur nez. 

Une lueur d'espoir

Cependant, telle une folle croyance dans ces périodes de doute, une rumeur parcourt le royaume. Les Corses qui "font la saison" n'auraient finalement pas perdu tant d'argent que ça. Pour pallier les pertes, ils auraient embauché de jeunes roumaines qui acceptent d'être payées 200€ par mois. Ils auraient également arrêté de servir de la nourriture fraîche dans leurs restaurants. "Cette rumeur nous maintient en vie. Laissez nous y croire!" nous crie Apsara, les yeux humides. 

La Thaïlande vit dans l'expectative. "On aimerait se coucher ce soir, et se réveiller en janvier, avec des centaines de Corses fortunés qui viennent dépenser ici les sommes qu'ils ont gagné durant leurs deux mois de dur labeur. Comme avant. Comme avant!"
L'espoir maintient le peuple en vie. Il n'est pas certain que le tissu industriel local survivra à une baisse de fréquentation touristique. En attendant, la Thaïlande n'espère qu'une chose : que la grève à la SNCM ne reprenne pas. Ce serait, et cette fois-ci à coup sûr, l'arrêt de mort du système économique du royaume et la fin des liaisons avec les saisonniers Corses qui, comme chacun sait, ont la tête en Méditerranée mais le coeur sur les plages du détroit de Malacca. 

On The Rocks : l'interview exclusive !

Carsico a interviewé Prissou Stauffenberg, le directeur exotique du fameux festival culturel qui se déroule chaque année, en début d'été, sur les plages balanines. Plongée au coeur du hype !



Carsico : Prissou, tout d'abord, pourquoi avoir choisi la Corse pour installer ce festival ?

P.S : Ben c'est très simple. Une fois avec des potes on était à Paname en lendemain de soirée et on regardait la télé. On était tranquille en train de tirer sur un pet' quand on a vu un reportage sur les chants des mecs des montagnes corses, avec la main sur l'oreille et tout ça. Et on a dit merde, sur une île aussi belle tu peux pas laisser juste des barbus gueuler dans les églises, il faut leur faire découvrir la vraie musique, celle d'aujourd'hui. Alors on a lancé On The Rocks, au départ c'était un kiff entre nous et puis quelques gens d'ici, les moins coincés, sont venus, au fil des années. Et regarde où on en est aujourd'hui : des milliers de jeunes qui kiffent quoi.


Carsico : Quelle est la différence entre les après-midi sur la plage et les concerts du soir ?

P.S : Ben les aprem tu vois c'est surtout pour que les fils à papa d'ici viennent dépenser leurs sous avec des petits culs qui dansent à côté d'eux. On leur met la même chanson pendant 5h d'affilée et eux ils boivent, et ils prennent des photos, ils ont l'air d'aimer ça. Alors que le soir c'est plus pour les continentaux qui se prennent pour des mélomanes alors que c'est que des toxicos. Là ils viennent se défoncer devant un artiste qu'ils connaissent pas, nous on leur fait croire que le mec est trop stylé. Là ils kiffent à mort et nous on encaisse. Après y'a une différence de conso entre l'après midi et le soir. L'aprem c'est plutôt coke, le soir c'est plutôt cachetons. Mais faut pas faire de généralités, hein ! On trouve de tout partout.


Carsico : La programmation musicale est-elle toujours de qualité ?

P.S : A vrai dire, je m'occupe pas de ça moi. Tu sais la musique qu'on fait écouter aux jeunes ici c'est pas le plus important. Souvent on fait mixer des mecs qu'on trouve dans la rue, on leur met un nom un peu stylé et un look de star, et on dit qu'ils viennent de Los Angeles et ça passe. De toute façon personne vient à OTR pour la musique quoi. Ici c'est sex&drugs, et le rock'n'roll bien malin qui pourra le trouver ! Et nous on sponsorise tout ça quoi, c'est méga vendeur et faut dire qu'on empoche grave.


Carsico : Et ils viennent pour quoi les gens, dans votre festival, si c'est pas pour la musique ?

P.S : L'important dans ce festival c'est l'ambiance. Je veux dire, tu vois, hormis OTR, il est très difficile en Corse de trouver de quoi s'amuser. L'alcool, ça ouais, ils ont. Mais tout ce qui est pharma quoi (rires), des trucs pour planer un peu, à part quelques mecs en avance, ça tourne pas trop. C'est l'occasion pour les continentaux en vacances qui viennent ici de s'en mettre "jusque-là" sans avoir à craindre les regards des mecs rétrogrades qu'on trouve partout ailleurs en Corse. Et les petits corses, on les débride un peu quoi, on leur fait découvrir la vie, c'est gagnant-gagnant. Y'a encore des filles ici qui ont jamais fait un gang-bang, je te jure. Alors nous ben on les initie, c'est normal, on vient d'un endroit plus évolué. OTR c'est un peu le paradis quoi, t'as tous les avantages de la Corse genre le soleil et tout, sans les inconvénients.


Carsico : Quels sont ces inconvénients ?

P.S : Bah c'est les gens qui vivent là quoi, je veux dire en bord de mer en Balagne tu vois, ça va on est bien, y'a pas mal de continentaux, c'est "open mind". Mais monte dans les villages ou dans d'autres endroits de Corse je peux te dire mec tu prends peur. Nous on fait "l'aéroport-la plage" et on cherche pas plus loin. Si c'est pour se retrouver avec des mecs qui boivent du pastis au comptoir d'une pizzeria paumée, non franchement c'est pas du tout notre délire. Y'a encore des types contre le mariage gay, des chasseurs, des gars choqués par un jeune qui fume un stick, des couples "fidèles" et des filles qui ont connu grand max 4 ou 5 partenaires à 20 ans. Je veux dire y'a quelques siècles de retard quoi. Alors nous on a arrêté d'essayer de parler avec ces gens, on fait notre délire sur la plage et qui nous aime nous suive !


Carsico : Quel est votre rapport avec les locaux ?

P.S : Bah à part avec les mecs de mon "milieu" moi j'évite d'en avoir honnêtement. J'suis pas là pour me prendre la tête je suis là pour faire mon beurre tranquille. On est entre nous, entre mecs du continent et ça se passe super bien. Ca sert à rien de parler avec les gens d'ici. En plus avec leur accent on comprend rien. Après avec l'équipe du festival on a pas de problème t'as vu, on connait les gens qu'il faut pour pas être emmerdés, on paye, et ça nous suffit.


Carsico : Votre festival fait-il l'unanimité dans la région ?

P.S : Je sais qu'il y a des gens qu'on dérange. Mais on s'en fout, ils peuvent rien faire contre nous, alors on kiffe et eux ils ragent ! Et honnêtement c'est qui, ceux qui n'aiment pas notre festival ? Quelques nationalistes attardés, des mecs et des filles trop moches pour venir se montrer sur la plage, et des vieux? On gagne en dix minutes de festival ce qu'ils mettent un an à gagner, alors tu sais leur avis...


Carsico : Quels sont vos projets pour l'avenir ?

P.S : Moi je suis "No Future", mec. Je kiffe, je kiffe. On The Rocks, on kiffe. C'est tout.